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		<title>L’apport de l&#8217;IA à la recherche d&#8217;informations en Afrique &#8211; Par Dr Jean-Marie Tengang</title>
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		<pubDate>Fri, 30 May 2025 11:15:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La collecte d&#8217;informations n&#8217;est pas aisée en Afrique. Ce constat de base n&#8217;est véritablement pas contestable : la collecte, le traitement, la conservation et l&#8217;exploitation des données ne constituent pas une vertu largement partagée sur le continent. Pourtant, l’IA se nourrit de données, sans lesquelles elle n&#8217;aurait aucun intérêt. La question de l&#8217;apport de l&#8217;IA [&#8230;]</p>
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									<div dir="auto"><p>La collecte d&rsquo;informations n&rsquo;est pas aisée en Afrique. Ce constat de base n&rsquo;est véritablement pas contestable : la collecte, le traitement, la conservation et l&rsquo;exploitation des données ne constituent pas une vertu largement partagée sur le continent. Pourtant, l’IA se nourrit de données, sans lesquelles elle n&rsquo;aurait aucun intérêt. La question de l&rsquo;apport de l&rsquo;IA à la recherche d&rsquo;information en Afrique suppose, au préalable, d&rsquo;évoquer les lacunes structurelles qui entravent la mise en place de bases de données fiables. Pourtant, les enjeux et les apports de l’IA à la recherche d’information en Afrique sont considérables.</p><p><strong>1. Constat de la faiblesse de l&rsquo;infrastructure numérique</strong></p><p>Ce constat résulte de l’examen de plusieurs facteurs. On peut citer, sans être exhaustif :</p><ul><li>Un accès limité à Internet. En effet, moins de 40 % de la population africaine avait accès à Internet en 2023, avec de grandes disparités entre les zones urbaines et les zones rurales.</li><li>Une connexion de mauvaise qualité. La connexion à Internet est un véritable problème en Afrique. Outre la question épineuse des coûts exorbitants, on peut mentionner la faiblesse du débit, les problèmes de latence élevée, et les sempiternelles coupures fréquentes.</li><li>Le manque de centres de données locaux oblige l’Afrique à dépendre de serveurs à l’étranger, ce qui ralentit les services numériques.</li><li>La faible couverture mobile doit aussi être signalée. Bien que le mobile soit plus répandu que le fixe, la 4G (et a fortiori la 5G) reste très peu déployée.</li></ul><p><strong>2. Les perspectives prometteuses</strong></p><p>L’intelligence artificielle peut avoir un impact croissant sur la recherche d’informations en Afrique, avec des apports notables dans plusieurs domaines clés.<br />On n’évoquera pas ici la place considérable que l’IA occupe déjà dans d’autres régions du monde en matière d’amélioration des recherches, d’inventivité ou de création de richesses. On s’en tiendra aux apports spécifiques liés aux données et aux informations que l’IA ne demande qu’à optimiser en Afrique.</p><p>Ainsi, en termes d’amélioration de l&rsquo;accès à l&rsquo;information, on pourra mentionner, encore une fois sans être exhaustif :</p><ul><li><strong>Dans le traitement des langues africaines</strong>, l&rsquo;IA peut constituer une aide majeure au développement d’outils de traitement du langage naturel pour les langues locales (comme le swahili, le wolof, le haoussa, le féé-féé), facilitant ainsi la recherche d&rsquo;informations dans des langues historiquement peu représentées sur Internet.</li><li><strong>La traduction automatique</strong>, grâce à des systèmes permettant de rendre des contenus mondiaux accessibles en langues locales et vice versa.<br />Compte tenu de la mauvaise qualité de la connexion en Afrique, l’IA peut <strong>favoriser un accès hors ligne ou en faible connectivité</strong> grâce à des systèmes légers (edge computing) permettant la recherche d&rsquo;information même avec une connectivité limitée.</li></ul><p>L’apport de l’IA en matière de collecte et de structuration des données locales peut être notable. En effet, l’IA permet une agrégation intelligente des informations, favorisant la collecte, le filtrage et l’organisation des données issues de sources éparses. L’IA peut également faciliter l’extraction d&rsquo;informations grâce à des systèmes de text mining qui aident à extraire automatiquement des faits, tendances ou statistiques à partir de textes non structurés.</p><ul><li><strong>Dans le domaine du soutien à la recherche académique</strong>, l’intérêt de l’IA n’est plus à démontrer. En matière de veille automatisée, les chercheurs peuvent utiliser des outils d’IA pour recevoir automatiquement les dernières publications pertinentes dans leur domaine.</li><li><strong>Dans le domaine de l’analyse bibliométrique</strong>, l’IA peut permettre de cartographier la recherche scientifique africaine, d’identifier les chercheurs clés, les collaborations, ou les lacunes thématiques.</li></ul><p>Cette courte intervention se termine en évoquant les domaines d&rsquo;application concrets de l’IA dans la recherche d’informations en Afrique :</p><ul><li><strong>Dans le domaine de l’agriculture</strong>, l&rsquo;IA peut aider les agriculteurs à accéder à des informations personnalisées sur les cultures, les maladies ou les prévisions météorologiques.</li><li><strong>Dans le domaine de l’éducation</strong>, les plateformes éducatives basées sur l’IA peuvent adapter les contenus aux besoins des élèves ou étudiants, même en zones rurales.</li></ul><p><strong>L’apport de l’IA à la recherche d’information en Afrique a encore de beaux jours devant lui ! </strong></p><p><strong>Jean-Marie Tengang</strong></p></div>								</div>
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		<title>Intelligence économique et accès aux données sur les marchés africains &#8211; Par Emmanuel Taidjaré</title>
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		<pubDate>Fri, 30 May 2025 11:06:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’intelligence économique (IE) désigne l’ensemble des actions visant à collecter, analyser et diffuser des informations stratégiques pour anticiper les évolutions de l’environnement économique. En Afrique, continent en pleine mutation, l’IE permet aux acteurs économiques de comprendre les spécificités locales, d’identifier les opportunités de marché, de gérer les risques et de renforcer leur compétitivité. L’accès aux [&#8230;]</p>
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									<p>L’intelligence économique (IE) désigne l’ensemble des actions visant à collecter, analyser et diffuser des informations stratégiques pour anticiper les évolutions de l’environnement économique. En Afrique, continent en pleine mutation, l’IE permet aux acteurs économiques de comprendre les spécificités locales, d’identifier les opportunités de marché, de gérer les risques et de renforcer leur compétitivité. L’accès aux données constitue la pierre angulaire de cette démarche.</p><p><strong>Complexité des marchés africains</strong></p><p>Avec ses 54 pays, l’Afrique offre une grande diversité économique et géographique. Bien que certains pays comme le Nigeria, le Kenya ou l’Afrique du Sud affichent une croissance soutenue, des défis tels que l’instabilité politique, la faiblesse des infrastructures et le manque de transparence freinent le développement.<br />La rareté des données et leur qualité inégale compliquent la prise de décision stratégique, soulignant l’importance de mécanismes fiables de collecte et d’analyse.</p><p><strong>Accès aux données : un enjeu stratégique</strong></p><ul><li>Des données accessibles et fiables sont essentielles pour analyser la démographie, la consommation et les tendances économiques.</li><li>Elles permettent aux entreprises d’adapter leur offre, de cibler efficacement les marchés et de favoriser la transparence.</li><li>L&rsquo;amélioration de l’accès aux données profite également aux gouvernements dans la formulation de politiques publiques efficaces.</li></ul><p><strong>Sources de données</strong></p><p>Trois grandes catégories de données alimentent l’IE en Afrique :</p><ul><li><strong>Données publiques</strong> : publications gouvernementales, statistiques officielles, accessibles mais parfois obsolètes ou incomplètes.</li><li><strong>Données privées</strong> : issues d&rsquo;entreprises ou de cabinets d’études, plus précises mais souvent coûteuses et soumises à des contraintes réglementaires.</li><li><strong>Données d’ONG</strong> : riches en informations qualitatives sur des problématiques sociales ou locales, mais hétérogènes selon les méthodes de collecte.</li></ul><p><strong>Outils d’analyse et de visualisation</strong></p><p>Les outils comme Excel, Power BI, SPSS ou Python permettent de traiter les données et d’en extraire des tendances.<br />L’analyse prédictive, la cartographie des données et la visualisation interactive facilitent la compréhension des dynamiques locales. Ces outils soutiennent la planification stratégique et l’aide à la décision.</p><p><strong>Défis majeurs</strong></p><p>L’accès aux données en Afrique est confronté à trois grands défis :</p><ul><li><strong>Disponibilité</strong> : infrastructures statistiques insuffisantes, données obsolètes ou incomplètes.</li><li><strong>Qualité</strong> : manque de normalisation, fiabilité variable.</li><li><strong>Confidentialité</strong> : législations encore inégalement appliquées, besoin de protection des données personnelles.</li></ul><p><strong>Réglementation et harmonisation</strong></p><p>Plusieurs pays africains, à l’instar du Nigeria, du Kenya ou de l’Afrique du Sud, ont adopté des lois de protection des données inspirées du RGPD européen.<br />Toutefois, l’hétérogénéité des cadres juridiques complique l’exploitation transnationale des données. Une harmonisation régionale est souhaitable pour favoriser l’intégration des marchés.</p><p><strong>Stratégies d’intelligence économique</strong></p><p>Une IE efficace repose sur la collecte rigoureuse de données, l’analyse de la concurrence et l’élaboration de prévisions de marché. Cela implique aussi de former les équipes locales, d’adopter les outils numériques adaptés, et d’instaurer une culture de veille stratégique. L&rsquo;agilité et la capacité d’adaptation sont essentielles pour faire face aux évolutions rapides du marché africain.</p><p><strong>Cas de réussite</strong></p><p>Des initiatives comme M-Pesa au Kenya (paiement mobile) ou l’usage de données climatiques pour l’agriculture en Côte d’Ivoire illustrent le potentiel de la combinaison entre données et innovation.<br />Ces projets démontrent l’impact positif d’une bonne exploitation des données sur l’inclusion financière, la productivité et le développement durable.</p><p><strong>Digitalisation et perspectives</strong></p><p>La digitalisation transforme profondément les marchés africains, facilitant l’accès à l’information, l’émergence de start-ups technologiques et la création de nouveaux services.<br />Toutefois, des inégalités d’accès persistent. Un effort collectif entre États, secteur privé et institutions académiques est nécessaire pour combler les fractures numériques, garantir la sécurité des données et maximiser les opportunités de croissance.</p><p><strong>Conclusion</strong></p><p>L’intelligence économique, fondée sur l’accès élargi à des données fiables, est un levier stratégique pour le développement des marchés africains.<br />Elle permet d’éclairer les décisions, d’attirer les investissements, de renforcer la gouvernance économique et d’accompagner l’innovation.<br />Pour réussir, il est impératif de renforcer les infrastructures de données, d’harmoniser les cadres juridiques et de promouvoir une culture de la donnée à tous les niveaux.</p><p><strong>Emmanuel Taidjaré</strong></p>								</div>
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		<title>L’intelligence économique en Mauritanie : état des lieux et perspectives &#8211; par Dr Abdellahi Sabah Erebih</title>
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		<pubDate>Fri, 30 May 2025 11:04:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un contexte mondial de plus en plus concurrentiel Nous ne sommes plus à l’époque où il fallait remonter à l’Antiquité[1] ou à la période moderne pour démontrer l’importance de la veille stratégique et de l’intelligence économique dans la vie des entreprises. Aujourd’hui, le constat est sans appel : « l’économie mondiale est un véritable champ de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="5129" class="elementor elementor-5129" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<div dir="auto"><p><strong>Un contexte mondial de plus en plus concurrentiel</strong></p><p>Nous ne sommes plus à l’époque où il fallait remonter à l’Antiquité<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> ou à la période moderne pour démontrer l’importance de la veille stratégique et de l’intelligence économique dans la vie des entreprises. Aujourd’hui, le constat est sans appel : « l’économie mondiale est un véritable <strong>champ de bataille</strong> où les entreprises se livrent une guerre sans merci<strong>»<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a></strong>.</p><p>Les atteintes aux secrets technologiques, financiers et stratégiques se sont multipliées ces dernières années, au point de devenir <strong>courantes</strong>. Pour s’en prémunir, les acteurs économiques doivent adopter des mesures proactives afin d’assurer leur <strong>sécurité</strong> et leur <strong>sûreté</strong>, tant face aux accidents qu’aux actes de malveillance.</p><p><strong>L’intelligence économique : un outil de prévention et d’anticipation</strong></p><p>L’intelligence économique (IE) répond à ce besoin en fournissant une capacité d’anticipation, permettant aux entreprises d’<strong>imaginer des futurs</strong> et de s’y préparer. Elle s’impose aujourd’hui comme un <strong>levier stratégique essentiel</strong>, dans un monde globalisé, ouvert et interdépendant, confronté à de nouvelles formes d’insécurité et de <strong>guerres économiques invisibles</strong>, souvent menées via les technologies numériques.</p><p>L’intelligence économique peut être définie comme « l&rsquo;ensemble des activités coordonnées de <strong>collecte, de traitement et de diffusion de l&rsquo;information utile</strong> aux acteurs économiques, en vue de son exploitation »<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>. Cette définition peut être élargie pour inclure l’IE parmi les outils principaux de la guerre économique, qui a pris le relais de la guerre froide après l’effondrement du bloc soviétique.</p><p><strong>Les politiques publiques d’intelligence économique à l’international</strong></p><p>De nombreux pays ont mis en place, depuis plusieurs années, des <strong>politiques publiques d’intelligence économique</strong>. Ces politiques visent à doter les entreprises, universités, centres de recherche et associations, des moyens nécessaires pour maîtriser l’information stratégique et gagner en <strong>compétitivité</strong>.</p><p><strong>L’intelligence économique en Mauritanie : état des lieux</strong></p><p>En Mauritanie, l’IE est encore <strong>peu développé</strong>. Toutefois, des efforts sont en cours, notamment au niveau de l’État. L’organigramme du <strong>Ministère de l’Économie et des Finances (MEF)</strong> prévoit la création d’une <strong>Unité Stratégique de Conseil et d’Innovation (USCI<a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a>)</strong>, rattachée au cabinet du ministre.</p><p>À ce jour, il n’existe pas de <strong>politique publique structurée</strong> en matière d’IE. Contrairement à des pays voisins comme le <strong>Maroc</strong> ou la <strong>Tunisie</strong>, la Mauritanie ne dispose pas d’un organe central chargé de coordonner la veille stratégique, la protection du patrimoine informationnel ou la promotion de l’influence économique. Cela dit, plusieurs <strong>initiatives ponctuelles</strong> témoignent d’une prise de conscience progressive :</p><p><strong>Initiatives notables :</strong></p><ul><li><strong>Partenariat avec Oxford Business Group (OBG)</strong> : En 2021, l’Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM) a signé un protocole d’accord avec OBG pour la production d’un <strong>rapport annuel</strong> sur l’économie nationale. Ce rapport fournit des <strong>analyses sectorielles</strong> et met en évidence les <strong>opportunités d’investissement</strong>, participant ainsi à une forme de veille économique.</li><li><strong>Collaboration avec les institutions financières internationales</strong> : Les <strong>rapports de la Banque mondiale et du FMI</strong> fournissent des diagnostics économiques détaillés. Bien que ces rapports ne soient pas spécifiquement centrés sur l’IE, ils offrent des <strong>données exploitables</strong> dans une démarche de veille stratégique.</li></ul><p><strong>Cadre de développement : transparence et ouverture des données</strong></p><p>La <strong>Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP)<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a></strong>, adoptée par le Gouvernement mauritanien, propose une approche basée sur des <strong>indicateurs de performance</strong>, en grande partie inspirés des <strong>Objectifs de Développement Durable (ODD)</strong>. Une <strong>politique d’ouverture des données publiques</strong> pourrait renforcer cette stratégie, en favorisant la collecte, la centralisation et l’exploitation des données nécessaires.</p><p>Cette dynamique permettrait également une <strong>coopération accrue</strong> avec les <strong>organisations de la société civile</strong>, qui jouent un rôle important dans le suivi des ODD.</p><p><strong>Engagements en faveur de la transparence :</strong></p><ul><li><strong>Stratégie nationale de lutte contre la corruption</strong> adoptée en décembre 2010 ;</li><li><strong>Adhésion à la Convention des Nations Unies contre la corruption</strong> (octobre 2006) ;</li><li><strong>Participation à des initiatives internationales de transparence</strong>, telles que :<ul><li>Le programme BOOST<a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a> (Open Budget),</li><li>L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE),</li><li>L’Initiative pour la transparence dans les pêches (FiTI), lancée à Nouakchott en février 2016 ;</li></ul></li><li><strong>Organisation de la conférence de l’Union africaine</strong> sur la transparence en 2015, avec une résolution finale engageant les États à garantir <strong>l’accès à l’information</strong> et à renforcer <strong>la redevabilité</strong>.</li></ul><p><strong>Les défis à surmonter</strong></p><p>Malgré ces initiatives prometteuses, plusieurs obstacles freinent le développement de l’intelligence économique en Mauritanie :</p><ul><li><strong>Manque de coordination interinstitutionnelle</strong> : L&rsquo;absence de synergie entre les différents acteurs limite l’efficacité des actions de veille et d’analyse stratégique.</li><li><strong>Faible culture de la veille stratégique</strong> : Les entreprises, en particulier les PME, manquent souvent de compétences et de ressources pour mettre en œuvre une veille concurrentielle ou technologique.</li><li><strong>Infrastructures numériques insuffisantes</strong> : La généralisation de l’IE suppose des infrastructures technologiques robustes, qui sont encore absentes dans plusieurs régions du pays.</li></ul><p><strong>Quelles perspectives pour la Mauritanie</strong><strong> ?</strong></p><p>Pour combler ces lacunes, la Mauritanie pourrait s’inspirer de modèles étrangers et adopter les mesures suivantes :</p><ul><li><strong>Élaborer une stratégie nationale d’intelligence économique</strong> : Cela inclurait la création d’une structure dédiée, la formation de spécialistes et la coordination entre les secteurs public et privé.</li><li><strong>Renforcer les capacités des entreprises locales</strong> : Des programmes de formation et de sensibilisation devraient être mis en place pour intégrer la veille stratégique dans le quotidien des entreprises.</li></ul><p><strong>Conclusion</strong></p><p>L’intelligence économique en Mauritanie en est encore à ses <strong>premiers balbutiements</strong>. Si certaines actions institutionnelles ou partenariales contribuent indirectement à sa mise en œuvre, <strong>une approche plus structurée et cohérente s’impose</strong>.</p><p>La définition d’une <strong>stratégie nationale claire</strong>, la <strong>professionnalisation des acteurs</strong> concernés, et le <strong>renforcement des infrastructures</strong> sont des étapes essentielles pour faire de l’IE un véritable <strong>levier de compétitivité</strong> et de <strong>souveraineté économique</strong> pour la Mauritanie.</p><p><strong>Dr Abdellahi Sabah Erebih</strong></p><p> </p></div><hr /><p> </p><div dir="auto"><p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> l’Art de la guerre de guerre de SUN TZU</p><p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> François Mitterrand, lettre à tous les Français, avril 1988</p><p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> wikipedia.org/wiki/Intelligence économique</p><p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Article 14 du décret 235 – 2024  du    fixant les attributions du Ministère de l’économie et des finances</p><p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> L’ensemble des documents relatifs à la SCAPP sont disponibles à l’adresse <a href="http://ww.mp.mr/index.php?option=com_content&amp;view=category&amp;layout=blog&amp;id=36&amp;Itemid=173" target="_blank" rel="noopener">http://ww.mp.mr/index.php?option=com_content&amp;view=category&amp;layout=blog&amp;id=36&amp;Itemid=173</a></p><p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> <a href="http://wbi.worldbank.org/boost/" target="_blank" rel="noopener">http://wbi.worldbank.org/boost/</a></p></div>								</div>
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		<title>Intelligence économique et compétitivité dans la ZLECAf : une voie vers une croissance économique durable à l’ère de l’intelligence artificielle &#8211; Par Alexander Maune (PhD, MSc, BCom &#038; Dip. MA CIMA)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 10:55:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), lancée en 2021, constitue l’un des projets d’intégration économique les plus ambitieux au monde. Elle rassemble 54 pays africains autour d’un marché unique de 1,4 milliard de personnes. Son potentiel pour stimuler le commerce intra-africain, favoriser l’industrialisation et promouvoir une croissance économique inclusive est immense. Cependant, pour exploiter [&#8230;]</p>
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<p>La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), lancée en 2021, constitue l’un des projets d’intégration économique les plus ambitieux au monde. Elle rassemble 54 pays africains autour d’un marché unique de 1,4 milliard de personnes. Son potentiel pour stimuler le commerce intra-africain, favoriser l’industrialisation et promouvoir une croissance économique inclusive est immense. Cependant, pour exploiter pleinement ce potentiel — en particulier dans un contexte mondial en mutation rapide sous l’effet de l’intelligence artificielle (IA) — les entreprises, gouvernements et institutions africains doivent mobiliser de manière stratégique <strong>l’intelligence économique (IE)</strong> afin de renforcer la compétitivité à tous les niveaux.</p>
<p><strong>Comprendre l’intelligence économique dans le contexte de la ZLECAf</strong></p>
<p>L’intelligence économique est le processus de collecte, d’analyse et d’exploitation de l’information sur les concurrents, les dynamiques du marché et les capacités internes, dans le but de prendre des décisions stratégiques éclairées. Dans le cadre de la ZLECAf, l’IE devient un outil indispensable pour naviguer dans des marchés nouvellement libéralisés, identifier des opportunités transfrontalières, anticiper les évolutions réglementaires et gérer les risques.</p>
<p>À l’ère de l’IA, les systèmes d’IE ne se limitent plus à la recherche manuelle de marché ou à l’analyse de données statiques. Ils s’appuient de plus en plus sur l’apprentissage automatique, le traitement du langage naturel et l’analyse des mégadonnées pour fournir des informations en temps réel. Les entreprises africaines peuvent tirer parti de plateformes d’IE pilotées par l’IA pour surveiller les flux commerciaux, analyser les stratégies concurrentielles, suivre les préférences des consommateurs et évaluer les tendances réglementaires à travers les États membres.</p>
<p><strong>Lien entre intelligence économique et compétitivité</strong></p>
<p>La compétitivité désigne la capacité d’une entreprise, d’un secteur ou d’une économie à proposer des produits et services répondant aux normes internationales tout en maintenant ou en augmentant ses parts de marché. Dans le cadre de la ZLECAf, la compétitivité des pays africains repose sur deux piliers majeurs : <strong>le positionnement stratégique</strong> et <strong>l’efficacité opérationnelle</strong>, tous deux renforçables grâce à des systèmes d’intelligence économique solides.</p>
<p><strong>Positionnement stratégique</strong></p>
<p>L’IE permet aux entreprises de prendre des décisions stratégiques telles que :</p>
<ul>
<li>Choisir les marchés les plus pertinents à pénétrer dans le cadre des régimes tarifaires préférentiels de la ZLECAf ;</li>
<li>Différencier leurs produits selon les préférences régionales des consommateurs ;</li>
<li>Positionner leurs chaînes d’approvisionnement de manière à minimiser les coûts et accroître leur réactivité.</li>
</ul>
<p>Grâce à une information stratégique pertinente, les entreprises peuvent anticiper les évolutions des politiques commerciales, les changements dans la demande des consommateurs ou les innovations technologiques, et ainsi agir au lieu de simplement réagir.</p>
<p><strong>Prise de décision opérationnelle</strong></p>
<p>Sur le plan opérationnel, l’IE contribue à :</p>
<ul>
<li>Optimiser les stratégies de tarification grâce à des données de marché en temps réel ;</li>
<li>Adapter la production aux variations saisonnières et géographiques de la demande ;</li>
<li>Identifier les lacunes en compétences et orienter le développement des ressources humaines.</li>
</ul>
<p>L’intégration d’outils d’IA comme l’analyse prédictive ou l’automatisation robotisée des processus (RPA) améliore encore la précision et l’agilité des décisions, donnant ainsi aux entreprises africaines un avantage concurrentiel significatif.</p>
<p><strong>Rôle des gouvernements et institutions</strong></p>
<p>Si les entreprises sont les principales utilisatrices de l’IE, les gouvernements et institutions commerciales doivent en faciliter l’adoption en :</p>
<ul>
<li>Investissant dans les infrastructures numériques et les plateformes de données ouvertes ;</li>
<li>Soutenant les programmes de formation et de renforcement des capacités en IE ;</li>
<li>Encouragent les partenariats avec les universités et centres de recherche en IA ;</li>
<li>Veillant à ce que les cadres réglementaires permettent un usage éthique et sécurisé des données.</li>
</ul>
<p>Par ailleurs, des instances régionales comme l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAf devraient promouvoir le développement de <strong>réseaux panafricains d’intelligence économique</strong> afin d’aider les petites et moyennes entreprises (PME) à surmonter les obstacles liés à l’accès à l’information stratégique.</p>
<p><strong>L’IE à l’ère de l’IA : un catalyseur de croissance durable</strong></p>
<p>L’intégration de l’intelligence artificielle à l’intelligence économique constitue un véritable changement de paradigme. Des outils tels que l’analyse de sentiment, l’intelligence géospatiale ou le suivi automatisé des chaînes d’approvisionnement offrent aux entreprises africaines des capacités inédites pour rivaliser sur les marchés mondiaux.</p>
<p>Surtout, cette transformation ouvre la voie à une croissance plus inclusive : à mesure que les plateformes d’IE numériques deviennent plus accessibles, même les microentreprises peuvent désormais être compétitives dans le marché unique de la ZLECAf.</p>
<p>L’IE alimentée par l’IA soutient aussi le développement durable en :</p>
<ul>
<li>Identifiant des opportunités de croissance verte et des marchés conformes aux normes ESG ;</li>
<li>Suivant les impacts environnementaux tout au long des chaînes de valeur ;</li>
<li>Appuyant l’innovation des politiques publiques grâce à des outils de modélisation avancés.</li>
</ul>
<p><strong>Principaux avantages de l’intelligence économique pour les acteurs de la ZLECAf</strong></p>
<ul>
<li>Accès à de nouveaux marchés et expansion commerciale</li>
<li>Meilleure compréhension des stratégies concurrentielles</li>
<li>Réduction des risques commerciaux et géopolitiques</li>
<li>Amélioration des politiques publiques et des investissements</li>
<li>Création d’alliances stratégiques et de partenariats durables</li>
</ul>
<p><strong>Obstacles à une intelligence économique efficace dans la ZLECAf</strong></p>
<ul>
<li>Manque d’infrastructures de données robustes à l’échelle du continent</li>
<li>Insuffisance de compétences spécialisées en intelligence économique</li>
</ul>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>La ZLECAf représente une opportunité historique pour transformer l’avenir économique de l’Afrique. Mais pour en exploiter tout le potentiel à l’ère de l’intelligence artificielle, les politiques et les infrastructures ne suffisent pas : il faut de <strong>l’intelligence</strong>.</p>
<p>L’intelligence économique, amplifiée par les technologies de l’IA, est l’atout stratégique qui distinguera les leaders des suiveurs dans cette nouvelle économie continentale. En l’intégrant à tous les niveaux — stratégique comme opérationnel — et en assurant sa diffusion au sein des entreprises et institutions, les nations africaines peuvent bâtir une économie plus compétitive, résiliente et inclusive.</p>
<p>Ce n’est pas seulement une voie vers la croissance, c’est le socle d’une <strong>prospérité durable</strong> dans un monde connecté et piloté par les données. </p>
<p><strong>Alexander Maune </strong></p>
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		<title>Positionnement de la souveraineté des États africains dans l’ordre mondial post-guerre froide à travers l’usage stratégique de l’intelligence économique &#8211; Par Dr Daniel Ekongwe</title>
		<link>https://les-jaie.info/2025/05/30/positionnement-de-la-souverainete-des-etats-africains-dans-lordre-mondial-post-guerre-froide-a-travers-lusage-strategique-de-lintelligence-economique-par-dr-daniel-ekongwe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 10:50:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette étude repose sur l’idée que l’information systématiquement traitée — les mégadonnées — constitue une source de pouvoir. Lorsqu’elle est analysée de manière professionnelle, elle permet aux États de prendre des décisions stratégiques éclairées, intégrant l’essence même de leur souveraineté, notamment en matière de stratégie de sécurité nationale, et leur offre la capacité d’anticiper les [&#8230;]</p>
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<p>Cette étude repose sur l’idée que l’information systématiquement traitée — les mégadonnées — constitue une source de pouvoir. Lorsqu’elle est analysée de manière professionnelle, elle permet aux États de prendre des décisions stratégiques éclairées, intégrant l’essence même de leur souveraineté, notamment en matière de stratégie de sécurité nationale, et leur offre la capacité d’anticiper les actions et décisions d’autres États.</p>
<p>Ce travail examine l’intelligence économique comme un outil stratégique au sein de la diplomatie et des relations internationales, susceptible de renforcer la souveraineté des États africains. L’argument principal est que, grâce à l’analyse stratégique de l’information, les États africains peuvent tirer parti des bouleversements actuels des affaires mondiales pour opérer des changements stratégiques et adopter des postures diplomatiques affirmant pleinement leur souveraineté.</p>
<p>L’objectif est de démontrer que les États africains, à travers l’usage stratégique de l’intelligence économique, doivent répondre à la nécessité émergente d’un nouvel ordre mondial — un ordre permettant à chaque État d’exercer sa souveraineté sans influence ou coercition indue de la part d’anciennes puissances coloniales, de nations dominantes ou d’organisations globales. Cette posture stratégique est justifiée par le tumulte actuel des systèmes politiques, économiques et financiers mondiaux, largement dominés par l’Occident, coïncidant avec une crise globale multifacette survenant à une époque de communication instantanée et généralisée.</p>
<p>En utilisant des données primaires et secondaires et en employant des méthodes qualitatives et quantitatives, cette étude adopte une approche pluridisciplinaire. Elle s’appuie sur des expertises en histoire mondiale, sociologie politique, études sur la paix et les conflits, sciences politiques, diplomatie et relations internationales, ainsi qu’en science des données. À travers cette perspective, nous identifions des schémas et des tendances dans la prise de décision des États africains concernant l’affirmation de leur souveraineté, visant à obtenir un avantage compétitif dans un monde encore influencé par l’hégémonie occidentale.</p>
<p>En appliquant des concepts issus de la théorie des jeux, cette étude soutient que les États africains doivent développer et déployer l’intelligence économique pour naviguer stratégiquement dans les complexités des relations internationales. Cela leur permettra d’anticiper les changements mondiaux, de réduire les menaces extérieures à leur souveraineté et de s’engager de manière plus compétitive sur la scène mondiale.</p>
<p>Plus de soixante ans après leur indépendance et plus de trois décennies après la chute du mur de Berlin, les États africains connaissent un changement de paradigme. Ce changement reflète une attention renouvelée sur la manière dont ils exercent leur souveraineté dans les affaires mondiales. L’analyse révèle cinq voies principales par lesquelles l’intelligence collective a façonné ce repositionnement :</p>
<ol>
<li>La création de blocs régionaux tels que la CEDEAO, l’UMA, la CEEAC, la SADC, la CEN-SAD et la CEMAC ;</li>
<li>La promotion d’une monnaie africaine commune ;</li>
<li>L’établissement de cadres pour le commerce libre et transfrontalier ;</li>
<li>La confrontation entre l’Union africaine et la CPI, conduisant à la création d’une Cour criminelle africaine ;</li>
<li>Le développement de régimes de sécurité internationaux alignés sur les stratégies de sécurité nationale.</li>
</ol>
<p>Parallèlement, les architectes d’un nouvel ordre mondial mettent l’accent sur le respect de la souveraineté en formant des blocs régionaux basés sur des histoires partagées, des intérêts militaires stratégiques et des agendas politico-économiques, informés par des données stratégiques analysées de manière systématique. Exemples :</p>
<ul>
<li><strong>ASEAN</strong> – Association des nations de l’Asie du Sud-Est (10 États)</li>
<li><strong>UNASUR</strong> – Union des nations sud-américaines (établie en 2008)</li>
<li><strong>UA</strong> – Union africaine (55 États membres, succédant à l’OUA, établie en 1999)</li>
<li><strong>SAARC</strong> – Association sud-asiatique pour la coopération régionale</li>
<li><strong>PIC</strong> – Communauté des îles du Pacifique</li>
<li><strong>UE</strong> – Union européenne (Traité de Rome, 1958 ; Traité de Lisbonne, 2009)</li>
<li><strong>USMCA</strong> – Successeur de l’ALENA, établi en 2020</li>
<li><strong>CCG</strong> – Conseil de coopération du Golfe (établi en 1981)</li>
<li><strong>LA</strong> – Ligue arabe (établie en 1945)</li>
<li><strong>UEEA</strong> – Union économique eurasiatique</li>
</ul>
<p>Pour rester compétitifs et souverains dans ce paysage en évolution, les États africains doivent :</p>
<ul>
<li>Suivre les stratégies et politiques innovantes des autres États ;</li>
<li>Analyser les tendances socio-économiques et géopolitiques ;</li>
<li>Surveiller les systèmes financiers mondiaux, les stratégies de communication et les alignements de pouvoir pour prendre des décisions éclairées et proactives.</li>
</ul>
<p>Le thème central de cette étude est le rôle de l’intelligence collective dans l’affirmation de la souveraineté africaine dans le contexte post-guerre froide. Cette discussion permet une compréhension plus approfondie de la manière dont les principes de souveraineté des États, d’égalité juridique et de non-intervention interagissent avec les réalités du droit international et des institutions mondiales.</p>
<p>En explorant l’ordre mondial post-guerre froide comme une nouvelle frontière de la diplomatie internationale, l’étude revisite des modèles historiques tels que l’ordre westphalien et critique la persistance de la domination hégémonique. Elle met en évidence comment les anciens systèmes d’alliances et les centres de pouvoir émergents (par exemple, l’UA, l’ASEAN, l’UNASUR, la SAARC) ont contribué à l’instabilité mondiale se manifestant par le terrorisme et les conflits transnationaux.</p>
<p>En analysant l’équilibre des pouvoirs de la guerre froide à la réalité multipolaire actuelle — notamment à la lumière des développements récents tels que le conflit russo-ukrainien depuis 2022 — l’étude souligne la nécessité d’une évaluation pluridisciplinaire de la politique mondiale. D’un point de vue axé sur le pouvoir, l’intelligence collective permet aux États africains de mieux comprendre les dimensions géo-historiques, économiques, socio-culturelles et politiques du pouvoir mondial, informant ainsi leurs stratégies de sécurité et de développement.</p>
<p>En conclusion, l’évolution d’un nouvel ordre mondial — marqué par une transition des systèmes bipolaires et unipolaires vers un panafricanisme renouvelé — exige que les États africains exploitent pleinement l’intelligence économique. Cela leur permettra de réaffirmer leur souveraineté, de protéger leurs intérêts nationaux et de contribuer de manière significative à la configuration de la gouvernance mondiale.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<ol>
<li style="list-style-type: none;">
<ol>
<li>Richard H. Sanger, <em>Insurgent Era: New Patterns of Political, Economic, and Social Revolution</em>, édition révisée, Washington : Potomac Books, 1970.</li>
<li>Henry Kissinger, <em>World Order</em>, New York : Penguin Press, 2015.</li>
<li>Michael Radu, « Introduction », in <em>The New Insurgencies: Anti-Communist Guerrillas in the Third World</em>, éd. Michael Radu, New Brunswick, NJ : Transaction Publishers, 1990.</li>
</ol>
</li>
</ol>
<ul>
<li>Melvin A. Goodman (éd.), <em>The End of Superpower Conflict in the Third World</em>, Boulder, CO : Westview Press, 1992. </li>
</ul>
<p><strong>Dr Daniel Ekongwe</strong></p>
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		<title>Offre universitaire et marché d’emploi au Maroc : premières analyses &#8211; Par Dr. Ghizlane Salam</title>
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		<pubDate>Fri, 30 May 2025 10:40:26 +0000</pubDate>
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<p>Parmi les recommandations capitales soulignées au titre du nouveau modèle de développement du Maroc, nous citons l’urgence d’investissement dans l’enseignement supérieur. A cet effet, un schéma directeur et un pacte allant jusqu’à 2030, sont élaborés in fine pour accompagner un capital humain formé et renouvelé, basé sur l’innovation et la recherche scientifique. Cette décision a été fortement soutenue par la banque mondiale. Le budget qui a été alloué au Maroc en 2023, est passé de 14 à 15 milliards de dirhams, soit une hausse d’un milliard de dirhams. Une exception dans son histoire, ce secteur bénéficiera d’une hausse de plus de 7%, affirmant ainsi l’intérêt qu’accorde le gouvernement marocain aux années universitaires à venir. Dans cette quête de préparation de nouveaux lauréats compétents et de qualité, qu’en est-il du marché de l’emploi marocain ? Comment peut-on expliquer le taux de chômage en augmentation continue depuis la pandémie du Covid-19 (13,3% en fin 2024) ? Nombreux nouveaux postes d’emplois ont été crée en parallèle de la disparition de plusieurs autres anciens postes. Dans ce cas, peut-on parler de la création destructive ou encore la destruction créative de Schumpeter? Est-ce que les nouveaux postes crées ont éradiqué les anciens devenus obsolètes ? Ou bien l’offre des formations du système d’enseignement supérieur marocain ne suit plus les besoins du monde des affaires actuel ? Une autre problématique est également digne d’être évoquée, celle relative à la qualité même de la diplomation obtenue. Est-ce que les formations du système d’enseignement supérieur marocain permettent d’avoir des salariés et d’une main d’œuvre hautement qualifiés, capables de faire efficacement face aux nouveaux défis de la société ? A cet effet, est ce que l’accélération numérique et le progrès digital que connait le monde entier actuellement (IA, Big data, automatisation, robotisation…), impactent directement cette corrélation ? Est-ce que la vitesse de progression des deux variables (formation universitaire et transformation digitale), n’est pas identique ? Pourquoi les jeunes marocains trouvent des difficultés dans l’insertion au marché du travail ?</p>
<p>D’après l’analyse des résultats obtenus tout au long de cette recherche, nous avons pu construire une vision transversale de l’orientation des besoins des entreprises en matière des profils les plus demandés au Maroc. Cette analyse nous a permis aussi et surtout d’éclairer la vocation gouvernementale à travers les principaux traits caractériels des programmes de formations offerts par les universités marocaines.</p>
<p>D’une manière générale, nous avons constaté que l’enseignement supérieur marocain est riche en formations, et suit la courbe d’évolution du marché de l’emploi, notamment en matière de transformation numérique internationale. Cela peut être touché à travers la panoplie des programmes enseignés dans des secteurs multivariés, en matière d’IA, des sciences et ingénierie des datas, de la cyber-sécurité et Big Data. En revanche, du côté du marché de l’emploi, nous avons remarqué une lenteur d’évolution énigmatique, que nous pouvons appeler une stagnation ou encore une saturation, si nous osons le dire, par rapport aux profils recherchés. Le nombre des programmes enseignés, et donc le nombre de diplômés, restent très élevé en comparaison avec le nombre d’offres d’emploi, et cette remarque, concerne plusieurs profils correspondant à plusieurs niveaux d’études.</p>
<p>En effet, la prédominance des diplômes Bac+3 (presque 50%), octroyés par l’université marocaine, laisse se poser la question sur l’avenir de ces lauréats, particulièrement devant la faible offre des postes correspondant à ce niveau d’études, qui ne dépasse pas 8% (234 offres au total sollicitant ce niveau d’études). A cet effet, les effectifs des diplômés dans l’enseignement supérieur public pour l’année scolaire 2021-2022 par exemple, étaient de 110386 (accès ouvert) et 29841 (accès régulé), ce qui fait un total de 140227 nouveaux diplômés en une seule année scolaire (Rapport « Pacte ESRI 2030 »). Si nous faisons une lecture par domaine d&rsquo;études et par diplôme Bac+3, nous allons remarquer que la somme des nouveaux lauréats ayant eu un diplôme de Licence Bac+3 s’est élevée à 104537 personnes (c&rsquo;est-à-dire 74,5% du total des diplômés), dont 85,5% avec une licence fondamentale, 10,7% avec une licence professionnelle, et 3,8% avec une licence en sciences et techniques. Les options dudit Bac+3 se diversifient de l’enseignement originel, les sciences juridiques, économiques et sociales, lettres et sciences humaines, les sciences, les sciences de l’éducation, les sciences de l’ingénieur, formation des enseignants, technologie, paramédical et les sciences du sport. Il est à signaler que notre analyse n’a pas pris en considération les lauréats des établissements d’enseignement supérieur privé. A ce propos, les effectifs des diplômés de l’enseignement supérieur privé au Maroc pour la même année scolaire 2021- 2022 par exemple, était de 14394 lauréats. Presque 44% sont issus du champ des sciences juridiques, économiques et de gestion, 3,5% font partie du champ des lettres, sciences humaines et arts, 40% ont un diplôme en sciences et techniques, et finalement 12,5% des diplômes sont en sciences de la santé. En conclusion, une attention très particulière vers cette tranche de diplômés demeure urgente aujourd’hui, afin de minimiser au maximum le taux de chômage qui pourrait se produire à cet effet, si ce n’est pas déjà fait.</p>
<p>A ce propos, il est à signaler que le dernier taux de chômage enregistré au Maroc fin 2024 s’élève à 13,3%. Selon les keynésiens, l’Etat devrait intervenir pour résoudre ce problème en augmentant les dépenses publiques et en réduisant les impôts. Cela va stimuler la demande et créer des emplois. Au cas où l’économie serait bloquée dans une situation de sous-emploi, l’intervention de l’Etat peut redresser les déséquilibres économiques. Pour cela, des ajustements des taux d’imposition ont été introduits par les autorités marocaines, avec des réductions progressives pour certaines tranches de revenus, pouvant atteindre jusqu’à 50% pour les hauts salaires. La réforme a introduit également une baisse du taux marginal d’imposition de 38% à 37% début 2025. Nous remarquons que l’Etat suit de près l’évolution de ce sujet et essaie de chercher à résoudre ce fléau avec des solutions applicables et efficaces. Les années futures seules sont capables de nous apporter des réponses à ce propos.</p>
<p>Dans un autre volet, et s’agissant des postes relatifs aux Ingénieurs, nous avons trouvé presque 9% des filières proposées préparent des Ingénieurs, contre presque 6% seulement des offres d’emploi sollicitant ces profils. Ces chiffres peuvent être interprétés différemment. Nous pouvons parler d’une situation de surproduction de diplômés. En effet, il semble qu&rsquo;il y ait une surproduction de diplômés par rapport à la demande du marché du travail pour le profil des Ingénieurs. Cela pourrait entraîner une compétition accrue pour les postes disponibles, pouvant aboutir à un taux de chômage plus élevé parmi les diplômés de ces formations. Ces chiffres nous interpellent à propos des raisons explicatives derrière l’émigration des cerveaux marocains, spécialement pour le rang des Ingénieurs et Médecins. À propos de ces derniers par exemple, le Maroc enregistre des fuites de cerveaux très inquiétantes. Selon le ministre de la Santé, le Maroc a actuellement besoin de 32 000 médecins et 65 000 infirmières pour répondre aux besoins des hôpitaux. Au total, 97 000 professionnels de la santé sont nécessaires.</p>
<p>De plus et selon la Cour des comptes, plus de 600 médecins quittent le pays chaque année, soit plus de 30% des médecins formés au Maroc choisissent de quitter le pays. Un grand point d’interrogation s’impose dans ce sens pour comprendre les raisons derrière d’abord, et par conséquent, réussir à trouver des solutions réelles et efficaces. Par une autre voie, l’enseignement supérieur marocain consacre presque 4% des formations (soit 105/3016) au profit des études portant sur les big data, l’intelligence artificielle et les sciences et ingénierie des données. Si nous ajoutons l’informatique, IT et la cyber-sécurité, nous allons trouver 141 formations universitaires correspondant à seulement 433 postes offerts par le marché du travail (tableau 4). Cette lecture s’impose également sur la branche relative à la finance et comptabilité (tableau 2) et celle du commerce et marketing (tableau 3).</p>
<p>Devant ce constat, une relecture des besoins du marché de l’emploi s’avère légitime puisque les diplômés sont disponibles, les programmes universitaires sont aussi disponibles, mais les offres d’emploi ne suivent pas ce volume de lauréats préparés chaque année scolaire. Est-ce qu’on peut parler dans ce cas d’un désajustement entre les compétences enseignées dans les formations universitaires et les compétences demandées par les employeurs ? Si c’était le cas, les offres d’emploi auraient pu être largement surexposées par rapport aux effectifs des diplômés. Est-ce que la polyvalence a bloqué le recrutement à tel point que le salarié se trouve responsable de plusieurs taches correspondant à plusieurs postes d’emploi ? Ce qui crée une situation de chômage. Dans cet esprit d’analyse, peut-on ouvrir les frontières devant les opportunités de diversification de carrière ? Autrement dit, les étudiants formés dans ces domaines peuvent devoir envisager des chemins de carrière alternatifs ou des secteurs, où ils peuvent transférer leurs compétences, au lieu de se limiter aux rôles traditionnellement associés à leur domaine d&rsquo;étude. Une autre analyse parait aussi très légitime en ce qui concerne le potentiel pour l&rsquo;entrepreneuriat.</p>
<p>En effet, il pourrait y avoir des opportunités pour les diplômés de ces domaines de créer leur propre entreprise ou initiatives, particulièrement si les compétences acquises durant leurs formations sont flexibles et applicables à divers contextes. Il est à signaler que le Maroc a déjà réfléchi à ces solutions depuis plus d’une dizaine d’années, lorsqu’il a lancé des programmes colossaux pour la promotion de l’entrepreneuriat, avec des aides financières très rentables pour booster d’avantage le statut de l’entrepreneur marocain, certes. Mais les résultats d’aujourd’hui parlent autrement. Les résultats de nos analyses montrent clairement une surproduction des diplômés face à une faible création des postes d’emplois. Un autre chiffre est aussi méritant d’être examiné, celui du nombre important des postes requérant des non diplômés. Les résultats ont révélé que presque 42% des offres d’emploi n’exigent aucun diplôme. Parmi ces offres, nous parlons de plus de 90% des postes de travail relatifs à la discipline RH, 30,25% des postes sont relatifs à l’IA, IT et Big Data, 42% des offres sont en commerce et marketing, et 38,2% sont en finance et comptabilité. Ce phénomène nous rappelle de la théorie de Learning by doing ou encore l’apprentissage par la pratique de Dewey.</p>
<p>Je pense qu’il faut se capitaliser sur ces résultats afin d’enrichir ce concept encore plus et réussir à le modeler sur mesure avec les particularités des données marocaines. En effet, l’innovation reste une condition de survie, et les entreprises auront toujours besoin de rapporter de l’extérieur des connaissances, des expériences et des inspirations nouvelles et smart, qui ne sont pas forcément enseignées à l’école ou délivrées contre un diplôme. Pourquoi alors ne pas alterner l’apprentissage à l’école avec l’apprentissage dans les milieux professionnels, ce qui laisse les talents s’exposer et se multiplier grâce cet apprentissage par la pratique? L’université peut ainsi intégrer dans les programmes, au lieu des modules théoriques, des expériences d’apprentissage individuelles ou collectives, à l’extérieur au niveau national et/ou international, afin de sortir de l’ordinaire, découvrir de nouvelles pratiques, nouveaux esprits, nouveaux savoirs faire, savoirs être et savoirs vivre, et surtout s’inspirer des leaders et managers. Dans cette lignée, nous avons remarqué que presque 80% des offres d’emploi exigent une expérience professionnelle minimale de 2 ou 3 ans, tout niveau d’études confondu et tout secteur confondu. Cela peut venir consolider encore plus notre propos du Learning by doing, puisque dans la majorité des cas, pour ne pas dire toujours, un jeune lauréat diplômé de Bac+2 ou 3 ou même un Bac+5, ne peut pas avoir en même temps une expérience professionnelle. Je crois qu’il est temps que les universités au Maroc revoient leurs pratiques académiques dans ce sens, afin de s’aligner avec les tendances du marché de l’emploi.</p>
<p>Pour réussir cet engagement, il est primordial voire indispensable d’ouvrir un canal de communication permanent et solide, entre l’enseignement supérieur et le secteur privé. Il est à rappeler que des décisions sont déjà prises dans ce volet au niveau de l’Université Mohammed 6 Polytechnique et l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), mais parait-il que ce n’est pas suffisant. L’implication des entreprises privées est fortement sollicitée pour couronner l’output. Ces dernières sont appelées à intégrer, à leur niveau également, des programmes de formation et d’apprentissage au profit des étudiants apprenants. Autrement dit, travailler pour créer en concertation avec les établissements universitaires, de nouveaux modèles d’éducation adéquats avec les tendances actuelles en matières d’avancée technologie et d’évolution numérique. Finalement, pourquoi continuer à travailler cinq ou six jours par semaine avec en moyenne 8 heures par jour, dans un monde hyper-connecté et hyper-avancé technologiquement ? Si toutes ces avancées technologiques que nous continuons à découvrir ne servent pas à diminuer les heures de travail dans le monde des affaires, et ne permettent pas d’accumuler la richesse facilement, à quoi devraient-elles servir alors ? Ces questionnements devraient ouvrir le champ vers la réflexion sur de nouveaux modèles d’éducation, mais aussi et surtout de nouveaux modèles d’emploi dans le marché du travail dans les années à venir.</p>
<p>Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la grande partie de l’iceberg des diplômés Bac+2 au Maroc réside dans les établissements de l’OFPPT, en plus des écoles privées. Notre étude n’a pas pris en considération cette tranche d’enseignement, ni celle de l’enseignement privé. Donc nous ne pouvons pas conclure sur certains résultats. Plus encore, nous avons remarqué que certains profils ne figurent pas suffisamment dans les bases de données sur lesquelles nous avons travaillé. Ceci n’explique pas un désintérêt de la part des recruteurs par rapport à ces spécialités, mais plutôt la nature et la politique de recrutement nationale relative à ces postes. Nous parlons des Médecins, des professeurs universitaires et d’autres fonctions publiques, où les annonces d’offres d’emploi s’affichent sur la plateforme numérique du ministère concerné. Nous estimons que ce travail serait d’une grande utilité pour le milieu professionnel au Maroc, et qu’il ferait l’objet d’autres recherches plus approfondies, en associant le secteur de l’enseignement supérieur privé et l’OFPPT. L’objectif est de réussir à faire face au fléau du chômage qui grimpe année en année au Maroc, mais surtout de pouvoir trouver des solutions efficaces et réalisables au profit des jeunes diplômés marocains. </p>
<p><strong>Dr. Ghizlane SALAM</strong></p>
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		<title>Les urgences de l’IE africaine face à une guerre économique sans frontière – Par Dr Guy Gweth</title>
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		<pubDate>Thu, 29 May 2025 22:05:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l’aube d’une ère multipolaire marquée par une guerre économique (Varène, 2020) dynamisée par le retour de Donald Trump à la Maison blanche, le continent africain se trouve à un carrefour critique. Livre à paraître à la rentrée 2025 « Les urgences de l’intelligence économique africaine »  dresse un constat sans concession et propose des solutions disruptives [&#8230;]</p>
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									<div dir="auto"><p><strong>À l’aube d’une ère multipolaire marquée par une guerre économique (Varène, 2020) dynamisée par le retour de Donald Trump à la Maison blanche, le continent africain se trouve à un carrefour critique. Livre à paraître à la rentrée 2025 « Les urgences de l’intelligence économique africaine »  dresse un constat sans concession et propose des solutions disruptives pour y faire face, dans une posture asymétrique du faible au fort.</strong></p><p>Fort d’un potentiel humain et de ressources naturelles sans cesse vantées, mais historiquement exposée aux dynamiques exogènes, l’Afrique, selon le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE), ne peut plus se permettre d’être un simple spectateur ou une arène de rivalités externes. La souveraineté, l’autonomie, la défense de ses intérêts vitaux, une gouvernance optimale, un développement durable et une compétitivité accrue exigent une rupture paradigmatique : l’émergence et la consolidation d’une authentique intelligence économique africaine, par les Africains, au profit d’une Afrique compétitive et décomplexée.</p><p>L’intelligence économique, défini par le CAVIE comme « un état d’esprit, un dispositif et un processus coordonné de questionnement, de collecte, de traitement, d’analyse et de diffusion légaux, rapides et sécurisés du renseignement économique utile à la prise de décision en situation concurrentielle, incertaine ou hostile (Gweth, 2015), revêt pour l’Afrique une importance capitale. Il ne s’agit pas uniquement de réagir aux menaces, mais de développer une capacité proactive à anticiper les évolutions, à identifier les opportunités et à influencer positivement son environnement stratégique.</p><p>Depuis sa création en 2015, le CAVIE martèle que l’approche africaine de l’intelligence économique ne saurait être une simple transposition des modèles occidentaux ou asiatiques. Elle doit intrinsèquement intégrer les spécificités du continent : son histoire complexe, ses défis de développement uniques, la richesse de ses cultures, ses aspirations à une intégration régionale renforcée et sa vision d’un multilatéralisme équilibré (Union Africaine, Agenda 2063). Les enjeux sont multiples : sécuriser ses chaînes d’approvisionnement face aux chocs globaux (Organisation Mondiale du Commerce, World Trade Report 2023), contrer les flux financiers illicites qui minent ses économies (Commission Économique pour l’Afrique, 2020), maîtriser les transferts de technologies et favoriser l’innovation endogène (Banque Africaine de Développement, 2024), protéger ses ressources naturelles convoitées (Organisation des Nations Unies pour l’Environnement, 2022), et bâtir une réputation internationale à la hauteur de son potentiel (Brand Africa, 2024).</p><p>La perspective d’une intelligence économique africaine robuste repose sur plusieurs piliers. Premièrement, le développement de capacités humaines et institutionnelles endogènes, à travers la formation d’experts qui assument leur africanité et la création de structures dédiées (Ndongo Samba Sylla, 2014, met en lumière la nécessité d’une expertise africaine face aux enjeux de dépendance économique). Deuxièmement, l’établissement de réseaux de coopération panafricains et de plateformes d’échange d’informations sécurisées (Union Africaine, Conseil de Paix et de Sécurité). Troisièmement, l’intégration de l’intelligence économique augmentée dans les processus décisionnels à tous les niveaux de gouvernance (OCDE, 2018, souligne l’importance de l’intégration des enjeux de sécurité dans les politiques économiques). Quatrièmement, la mobilisation du secteur privé et de la société civile pour une appropriation collective des enjeux de sécurité économique (divers travaux du CAVIE soulignent avec force et insistance la nécessité d’une approche holistique et multipartite).</p><p>Solidement documenté et enrichi d’exemples concrets et de retours d’expériences, l’ouvrage « Les urgences de l’intelligence économique africaine » à paraître en septembre 2025 s’attèle à démontrer qu’en relevant les défis ci-dessus, l’Afrique peut transcender son rôle actuel et se positionner comme un acteur incontournable et influent dans le paysage mondial de l’intelligence économique et stratégique. Il s’agit d’une urgence pour assurer sa souveraineté, son développement et sa prospérité dans un monde travaillé par la guerre économique.  </p><p><strong>Guy Gweth</strong></p></div>								</div>
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		<title>Enjeux de l’intelligence économique augmentée en Afrique – Par Dr Mohamed Bacha</title>
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		<pubDate>Thu, 29 May 2025 22:02:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Afrique traverse une phase critique de son histoire et fait face à un triple verrou structurel : une fragmentation structurelle et institutionnelle persistante, une dépendance technologique chronique, et une vulnérabilité exacerbée aux dynamiques géopolitiques globales. Contrairement aux trajectoires historiques des pays industrialisés, la croissance africaine ne s’est pas accompagnée d’un renforcement des capacités productives internes. La transformation [&#8230;]</p>
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									<div dir="auto"><p><strong>L’Afrique traverse une phase critique de son histoire et fait face à un triple verrou structurel : une fragmentation structurelle et institutionnelle persistante, une dépendance technologique chronique, et une vulnérabilité exacerbée aux dynamiques géopolitiques globales.</strong></p><p>Contrairement aux trajectoires historiques des pays industrialisés, la croissance africaine ne s’est pas accompagnée d’un renforcement des capacités productives internes. <strong>La transformation structurelle reste à l’état de promesse</strong>, bloquée par un déficit d’industrialisation et de coordination des politiques de production, et la faiblesse des institutions de soutien (recherche, innovation, financement). Le continent se cherche désormais une voie d’émancipation à la fois économique, technologique et stratégique<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn1" name="_ftnref1" target="_blank" rel="noopener"><sup>[1]</sup></a>.</p><p>Loin de refléter un processus classique d’industrialisation, la trajectoire africaine semble caractérisée par un blocage de la transformation productive, ce qui entrave lourdement la création de synergies économiques. Les données d’expérience soulignent que l’inadéquation des statistiques africaines et l’absence d’un cadre de management de l’information, empêchent une planification économique fondée sur des données fiables.</p><p>La volonté politique à la source de <u><a href="https://au.int/Agenda2063/popular_version" target="_blank" rel="noopener">L’AGENDA 2063</a></u><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn2" name="_ftnref2" target="_blank" rel="noopener"><sup>[2]</sup></a> en tant que plan directeur visant à “<em>transformer l’Afrique en une puissance mondiale du future” </em>ne s’est pas traduit par <strong><em>une démarche institutionnelle, cohérente et systématique</em> de développement partagé et solidaire</strong>.</p><p><a name="_Toc198111621"></a><strong>L’Afrique à la croisée des chemins</strong></p><p>Le tissu industriel africain se caractérise par une faible densité et une extrême hétérogénéité. Les <strong>institutions productives</strong> – universités, centres de recherche, banques de développement, agences d’innovation – fonctionnent souvent en silos, sans écosystèmes coordonnés ni logiques de chaînes de valeur intégrées. Ce déficit d’articulation empêche la montée en gamme des systèmes productifs africains et leur articulation..</p><ul><li><a name="_Toc198111622"></a><strong>Carence informationnelle et absence de pilotage stratégique</strong></li></ul><p><strong>L’absence de systèmes d’information économique fiables, cohérents et à jour</strong>, à la fois au niveau national et continental, est un facteur limitant majeur. Cette carence statistique structurelle – souvent signalée par la Commission Économique pour l’Afrique (CEA-ONU) – fragilise les capacités de planification, d’anticipation et de mobilisation stratégique. Sans données solides, les politiques industrielles se fondent davantage sur des approches réactives que sur une vision structurelle de long terme, et peuvent encore moins s’harmoniser.</p><p>Cette vision d’une Afrique souveraine et prospère, portée par une IE renouvelée, se nourrit des aspirations profondes des peuples africains à prendre en main leur destin et à valoriser leurs richesses uniques<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn3" name="_ftnref3" target="_blank" rel="noopener"><sup>[3]</sup></a>. En l’augmentant par les outils numériques et l’ancrage territorial, elle pourrait devenir une <strong>matrice de souveraineté industrielle et géopolitique</strong>. Il ne s’agit plus de rattraper un retard, mais d’<strong>inventer un autre paradigme de développement industriel et technologique en Afrique</strong><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn4" name="_ftnref4" target="_blank" rel="noopener"><sup>[4]</sup></a> basé sur les données et l’information utile.</p><p>Il devient, en effet, impératif pour l’Afrique de concevoir un paradigme alternatif de développement industriel et technologique, fondé sur l’exploitation stratégique des données et de l’information à haute valeur ajoutée. Ce nouveau référentiel doit reposer sur une<strong> gouvernance informationnelle augmentée</strong>, apte à orienter les choix productifs, renforcer les capacités d’innovation endogène, et structurer une souveraineté technologique durable.</p><ul><li><a name="_Toc198111623"></a><strong>En finir avec le « modèle de rattrapage » sans fin</strong></li></ul><p>Dans ce contexte, <strong>l’Intelligence Économique (IE)</strong> – entendue comme la capacité à collecter, analyser et valoriser l’information stratégique pour orienter l’action publique et privée – doit être repensée comme <strong>un levier de souveraineté industrielle</strong><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn5" name="_ftnref5" target="_blank" rel="noopener"><sup>[5]</sup></a>. En Afrique, l’IE est encore trop souvent cantonnée à une fonction défensive (veille concurrentielle, protection des actifs). Or, combinée aux outils numériques, à l’exploitation des données territoriales et à une gouvernance proactive, <strong>elle peut devenir un pilier central d’un modèle de développement autocentré et résilient.</strong></p><p>Ce changement de perspective nécessite :</p><ul><li>La constitution d’agences nationales d’intelligence économique, connectées aux territoires,</li><li>L’intégration des données informelles dans les bases statistiques,</li><li>L’alignement des stratégies de formation, de financement et d’innovation avec des priorités industrielles territorialisées.</li></ul><p>L’Afrique ne doit pas se contenter d’un simple <strong>modèle de rattrapage</strong> <strong>sans fin</strong> des trajectoires occidentales ou asiatiques. Face aux défis du climat, de la transition numérique et de la souveraineté technologique, elle a l’opportunité historique <strong>d’inventer un paradigme productif singulier</strong>, ancré dans ses réalités sociales et écologiques. Ce paradigme post-rattrapage ne repose pas uniquement sur l’industrie lourde, mais sur des innovations frugales, une valorisation intelligente des ressources locales, voire une hybridation entre économie formelle et informelle.</p><p><a name="_Toc198111624"></a><strong>De l’industrie extravertie à l’industrie ancrée : repenser le modèle productif africain</strong></p><p>L’Afrique reste à la périphérie de la révolution industrielle 4.0<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn6" name="_ftnref6" target="_blank" rel="noopener"><sup>[6]</sup></a>. Les zones économiques spéciales, souvent conçues pour attirer des capitaux étrangers, contribuent à une industrialisation extravertie, peu génératrice de souveraineté<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn7" name="_ftnref7" target="_blank" rel="noopener"><sup>[7]</sup></a>. L’IE peut ici agir comme un outil de réorientation stratégique, en identifiant les niches technologiques compatibles avec les ressources locales et en favorisant l’émergence d’industries « ancrées », à forte valeur ajoutée et à forte intensité de connaissance<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn8" name="_ftnref8" target="_blank" rel="noopener"><sup>[8]</sup></a>.</p><p>L’enjeu est d’<strong>opérer un basculement accéléré</strong> : de<strong> l’exportation de matières brutes vers l’intégration de filières technologiques ancrées localement,</strong> notamment dans les secteurs de l’agro-industrie, de l’énergie renouvelable, des biotechnologies et du numérique. Cette industrialisation « contextuelle » suppose une alliage entre conscience de soi, recherche, financements souverains et diplomatie économique active. Il est clair que l’Afrique « ne saurait se construire sans une mobilisation des acteurs et sans une mise en œuvre des ressources territoriales »<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn9" name="_ftnref9" target="_blank" rel="noopener"><sup>[9]</sup></a>.</p><p><a name="_Toc198111625"></a><strong>L’IE augmentée : se rendre visible à soi-même</strong></p><p>Le modèle classique d’IE repose sur la collecte, l’analyse et la sécurisation de l’information stratégique<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn10" name="_ftnref10" target="_blank" rel="noopener"><sup>[10]</sup></a>. Dans un contexte africain marqué par des asymétries de pouvoir informationnel, il est impératif d’élargir cette fonction<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn11" name="_ftnref11" target="_blank" rel="noopener"><sup>[11]</sup></a> à une <strong>IE augmentée</strong> qui intègre désormais l’IA, les données massives, les capteurs en temps réel (IoT), mais aussi les savoirs autochtones et les signaux faibles issus des dynamiques sociales<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn12" name="_ftnref12" target="_blank" rel="noopener"><sup>[12]</sup></a>. Cette hybridation permet de créer une cartographie fine des vulnérabilités industrielles, des dépendances critiques (notamment dans les matières premières stratégiques) et des gisements de souveraineté industrielle latents<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn13" name="_ftnref13" target="_blank" rel="noopener"><sup>[13]</sup></a>.</p><p><strong>La question n’est pas tant de surveiller les autres que de se rendre visible à soi-même</strong>. Trop souvent, <strong>les États africains agissent à l’aveugle</strong> dans des chaînes de valeur qu’ils ne contrôlent pas. Un Système d’IE panafricain, fondé sur le partage des données industrielles et des innovations locales, pourrait constituer le socle d’une souveraineté cognitive indispensable à toute stratégie industrielle. De telles initiatives s’inscrivent dans la lignée des travaux récents sur les systèmes d’innovation territoriaux et la nécessité de construire des capacités cognitives collectives pour un développement endogène et durable<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn14" name="_ftnref14" target="_blank" rel="noopener"><sup>[14]</sup></a>.</p><p><a name="_Toc198111626"></a><strong>Pour une souveraineté géo-économique par la maîtrise stratégique des flux</strong></p><p>Le paradigme dominant de la puissance géopolitique repose désormais autant sur le territoire que sur la capacité à maîtriser les flux (de données, de matières, de capitaux, savoirs). L’Afrique, longtemps considérée comme un <strong>espace traversé</strong>, doit devenir<strong> un acteur structurant des équilibres mondiaux</strong> en développant une <strong>stratégie d’IE augmentée et intégrée à l’échelle continentale</strong>.</p><p>Incontestablement, « <em>la compétitivité d’un territoire peut être directement influencée par la capacité des acteurs locaux à générer, accéder, comprendre et transformer la connaissance et l’information au moyen d’un apprentissage interactif</em> »<a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftn15" name="_ftnref15" target="_blank" rel="noopener"><sup>[15]</sup></a> et cette dynamique peut être amplifiée par l’IE augmentée — intégrant big data, IA et systèmes collaboratifs — pour identifier, analyser et exploiter collectivement et stratégiquement les opportunités de développement industriel, technologique et social sur le continent africain.</p><p>Cette stratégie doit viser à <strong>accroitre la capacité d’influence et de négociation collective</strong> des Africains par la maîtrise des corridors logistiques, des infrastructures numériques (cloud souverain, réseaux 5G panafricains), et des brevets technologiques produits par les entreprises africaines et les chercheurs africains, de la diasporas y compris.</p><p>L’IE augmentée permettrait d’anticiper les manœuvres d’influence, de négocier à parité avec les puissances industrielles, et de constituer des alliances stratégiques fondées sur l’intérêt mutuel, bien au-delà des logiques extractives prédatrices.</p><p><a name="_Toc198111627"></a><strong>Conclusion : pour une souveraineté africaine par l’IE augmentée</strong></p><p>L’Afrique n’a pas besoin de copier les trajectoires industrielles des autres continents : elle peut, elle doit <strong>inventer un autre rapport à la puissance, fondé sur l’intelligence augmentée</strong> de ses ressources humaines et de ses territoires, la mise en réseau de ses savoirs, et la reconquête de sa souveraineté sur l’information, la connaissance et la technologie. Une telle ambition suppose de sortir du logiciel de la dépendance et d’assumer pleinement une posture géoéconomique active, nourrie par une IE augmentée qui n’est plus auxiliaire, mais cœur de la stratégie de développement. Il s’agit de s’affirmer enfin comme une puissance géoéconomique, guidée par une intelligence économique augmentée comme moteur d’une stratégie industrielle et technologique panafricaine.</p><p><strong>Dr Mohamed Bacha</strong></p><p> </p><hr /><p> </p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref1" name="_ftn1" target="_blank" rel="noopener">[1]</a> <strong>Banque Africaine de Développement</strong> : Rapport sur le développement en Afrique 2015 Croissance, pauvreté et inégalités : lever les obstacles au développement durable. Abidjan 2016.</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref2" name="_ftn2" target="_blank" rel="noopener">[2]</a> <a href="https://au.int/en/agenda2063/overview" target="_blank" rel="noopener">https://au.int/en/agenda2063/overview</a></p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref3" name="_ftn3" target="_blank" rel="noopener">[3]</a><strong>Claude Ake</strong>. A Political Economy of Africa. New York: Longman Inc. 1981.</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref4" name="_ftn4" target="_blank" rel="noopener">[4]</a> <strong>Joseph E. Stiglitz, Andrew Charlton</strong> : <em>Pour un commerce mondial plus juste : comment le commerce peut promouvoir le développement – </em>Fayard (2<sup>e</sup> édition), [Paris], France, 2007 [traduit de l’anglais (américain) par Paul Chemla]</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref5" name="_ftn5" target="_blank" rel="noopener">[5]</a> <strong>Matthew Harrison Harvey et alii. </strong>: <em>Promouvoir la transformation numérique des économies africaines ‘ </em>Document d’analyse et de méthodologie<em> – </em>Global System for Mobile Communications ((GSMA) – London – Mai 2024</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref6" name="_ftn6" target="_blank" rel="noopener">[6]</a> <strong>Carlos Lopes</strong> : <em>Africa in Transformation : Economic Development in the Age of Doubt</em> – Palgrave Macmillan; 2019</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref7" name="_ftn7" target="_blank" rel="noopener">[7]</a> <strong>Hasina N.E</strong> : Quatrième révolution industrielle : l’Afrique doit refaire son retard technologique – .03/06/2024 –                                      <em>in</em> <a href="https://www.capmad.com/fr/technologie-fr/quatrieme-revolution-industrielle-lafrique-doit-refaire-son-retard" target="_blank" rel="noopener">https://www.capmad.com/fr/technologie-fr/quatrieme-revolution-industrielle-lafrique-doit-refaire-son-retard</a>.</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref8" name="_ftn8" target="_blank" rel="noopener">[8]</a> <strong>Mathias Guérineau</strong> : Des<em> modèles de diffusion et de transfert de l’innovation à celui de déploiement : une conceptualisation nouvelle de la phase aval des processus d’innovation des firmes multinationales – </em>Thèse de doctorat de l’Université Paris-Saclay<em> – D</em>écembre 2017.</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref9" name="_ftn9" target="_blank" rel="noopener">[9]</a> <strong>Lamara Hadjou</strong> : Les deux piliers de la construction territoriale: coordination des acteurs et ressources territoriales – Revue</p><p>Développement durable et territoires. Économie, géographie, politique, droit, sociologie</p><p>Éditeur : Réseau «Développement durable et territoire. 2009/7/7.</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref10" name="_ftn10" target="_blank" rel="noopener">[10]</a> <strong>Intelligence économique et stratégique</strong> : Les systèmes d’information au cœur de la démarche – Cigref – 2003</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref11" name="_ftn11" target="_blank" rel="noopener">[11]</a> <strong>Hafsa EZ-ZYN et alii. </strong>: Le potentiel et les limites de l’intelligence économique et stratégique à l’ère du big data et de l’IA – IJAFAME – Volume 4, Issue 2-2 (2023)</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref12" name="_ftn12" target="_blank" rel="noopener">[12]</a> <em>Digital Economy Report 2024: Shaping an environmentally sustainable and inclusive digital future</em> – United Nations. Economic Commission for Africa – 2024</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref13" name="_ftn13" target="_blank" rel="noopener">[13]</a> <strong>Offo Élisée Kadio</strong>, « De l’IA et de la science des données pour aider à transformer l’Afrique », Communication, technologies et développement [En ligne], 15 | 2024, mis en ligne le 29 juin 2024, consulté le 09 mai 2025.</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref14" name="_ftn14" target="_blank" rel="noopener">[14]</a> <strong>Rodrigo Arocena &amp; Judith Sutz</strong>. : <em>Looking At National Systems Of Innovation From The South, Industry and Innovation</em>, Taylor &amp; Francis Journals, vol. 7(1) – 2000, pages 55-75.</p><p><a href="https://acci-cavie.org/enjeux-de-lintelligence-economique-augmentee-en-afrique-par-dr-mohamed-bacha/#_ftnref15" name="_ftn15" target="_blank" rel="noopener">[15]</a> <strong>Abd<em>elkader Djeflat</em></strong><em> : Les systèmes territoriaux d’innovation émergents (STIE) et la gouvernance: Examen des expériences européennes (Italie) et Maghrébines (Algérie, Tunisie, Maroc)</em> – Revue de Recherche sur l’Economie de la Firme, I’Industrie et le Territoire, Université d’Oran, Labo LARATED, pp. 71-92   </p></div>								</div>
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		<title>Intelligence économique et accès aux marchés dans la ZLECAf – Par Dr Jacob Kotcho</title>
		<link>https://les-jaie.info/2025/05/29/intelligence-economique-et-acces-aux-marches-dans-la-zlecaf-par-dr-jacob-kotcho/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 May 2025 21:58:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Selon l’OMC, le concept d’accès aux marchés pour les marchandises recouvre les conditions ainsi que les mesures tarifaires et non tarifaires pour l’admission de produits spécifiques sur leurs marchés des Etats[1]. Dans cet exercice, nous tenterons d’esquisser une conception de l’accès aux marchés qui soit adaptée aux évolutions du contexte actuel du système commercial multilatéral [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="5027" class="elementor elementor-5027" data-elementor-settings="{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}">
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									<div dir="auto"><p><strong>Selon l’OMC, le concept d’accès aux marchés pour les marchandises recouvre les conditions ainsi que les mesures tarifaires et non tarifaires pour l’admission de produits spécifiques sur leurs marchés des Etats<a href="https://acci-cavie.org/intelligence-economique-et-acces-aux-marches-dans-la-zlecaf-par-dr-jacob-kotcho/#_ftn1" name="_ftnref1" target="_blank" rel="noopener"><sup>[1]</sup></a>. Dans cet exercice, nous tenterons d’esquisser une conception de l’accès aux marchés qui soit adaptée aux évolutions du contexte actuel du système commercial multilatéral et d’analyser le rôle que peut jouer l’intelligence économique dans ce contexte également marqué par la mise en œuvre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf).</strong></p><p><strong>Définition et enjeux</strong></p><p>Pour être plus générale, la définition formulée par l’OMC pourrait s’appliquer aux services et fournisseurs de services, ainsi qu’aux investisseurs et leurs investissements. On considèrerait alors l’accès aux marchés comme l’ensemble des barrières tarifaires et non tarifaires (incluant les règlementations et les procédures) qui déterminent la capacité d’une entreprise à accéder aux opportunités qu’offre un marché donné qu’il soit national ou international (vendre ses biens et services, y réaliser un investissement pour produire et vendre les marchandises ou des services, etc..</p><p>Au regard de ce qui précède, on peut distinguer deux types d’accès aux marchés : l’accès préférentiel et l’accès non préférentiel. L’accès non préférentiel suppose que les entreprises, les marchandises ou les services et les fournisseurs de services ne bénéficient pas de préférences particulières (exemption ou assouplissement des obligations tarifaires, règlementaires, procédurales, etc.) pour pouvoir pénétrer dans un marché donné. Dans ce cas, l’accès au marché est soumis à un régime de droit commun. Celui-ci peut être libéral ou restrictif, mais il est appliqué à tous les partenaires de manière non discriminatoire. Par contre, l’accès préférentiel est régi par des règles spécifiques déterminées par un accord préférentiel. Il est caractérisé par des conditions moins contraignantes que celles fixées par les règles du droit commun, et qui ne s’appliquent qu’aux marchandises, aux services et fournisseurs de services, aux investisseurs et leurs investissements, originaires des Etats partis à l’accord commercial préférentiel. Pour l’entreprise, cette distinction est essentielle dans la mesure où elle peut modifier substantiellement la compétitivité de ses produits et services sur le marché de destination.</p><p>Mattoo, Rocha, &amp; Ruta (2020) définissent les accords commerciaux profonds comme des accords réciproques entre pays qui couvrent non seulement le commerce mais aussi des domaines de politiques supplémentaires (extra commerciaux). Ce sont des arrangements internationaux visant à réglementer trois ensembles de domaines de politiques (qui se chevauchent partiellement) notamment : (a) les domaines qui visent à établir cinq droits d’intégration économique ; (b) les domaines qui visent à soutenir ces droits à l’intégration économique en limitant le pouvoir discrétionnaire du gouvernement, et (c) les domaines qui visent à améliorer le bien-être social ou des consommateurs en réglementant le comportement des exportateurs. Cette évolution conceptuelle appelle à un élargissement de la réflexion sur l’apport de l’intelligence économique dans l’analyse et l’élaboration des stratégies d’accès aux marchés.</p><p>Que ce soit dans un contexte préférentiel ou non préférentiel, le débat théorique sur l’accès aux marchés se mène autour du libéralisme et le protectionnisme. Sans vouloir entrer dans le détail de ces courants de pensée, il nous suffit de préciser ici que notre conception de l’accès aux marchés découle de la notion d’accord commercial profond qui est une forme d’accords commerciaux régionaux (ACR) qui correspond aux évolutions observées depuis la création de l’OMC dans les caractéristiques desdits accords. En effet, le nombre d’accords commerciaux régionaux en vigueur dans le monde à augmenter de manière exponentielle, passant de 47 en 1995 à 374 en 2024. Au-delà de l’évolution du nombre de ces accords, une autre caractéristique est l’approfondissement du leur portée et du champ qu’ils couvrent. Alors que dans les années 1950, les ACR couvraient en moyenne huit domaines, ces dernières années, ils en ont porté en moyenne sur 17. Malgré la réduction générale des barrières tarifaires à l’échelle globale, les analyses indiquent que les barrières non tarifaires constituent aujourd’hui les principales entraves à l’accès aux marchés aussi bien pour les marchandises que pour les services. Concernant le commerce des marchandises, les statistiques de l’OMC<a href="https://acci-cavie.org/intelligence-economique-et-acces-aux-marches-dans-la-zlecaf-par-dr-jacob-kotcho/#_ftn2" name="_ftnref2" target="_blank" rel="noopener"><sup>[2]</sup></a> montrent que le nombre de mesures non tarifaires notifiées et en vigueur 2021 à travers le monde au 31 décembre, reste considérablement élevé : 22065 mesures sanitaires et phytosanitaires pour 329 problèmes commerciaux spécifiques, 32478 mesures et 715 problèmes commerciaux spécifiques relatifs aux obstacles techniques au commerce ; Concernant les mesures de défense commerciales : 2443 mesures antidumping, 316 mesures compensatoires, 121 mesures de sauvegarde ; Concernant le commerce des produits agricoles, 652 mesures de sauvegarde spéciales, 1274 mesures de contingentement tarifaires, 429 mesures de subvention à l’exportation, 1636 mesures de restrictions quantitatives.</p><p>Dans un tel contexte, la collecte, l’analyse et l’utilisation des informations pour aider les entreprises et les gouvernements à prendre des décisions éclairées concernant la prospection, l’accès et l’exploitation des marchés devraient intégrer la progression du champ et de la portée des accords commerciaux profonds, mais aussi la mutation de la nature des barrières à l’accès aux marchés. En d’autres termes, les piliers principaux de l’intelligence économique appliqués à l’accès aux marchés, devraient tenir compte de ces évolutions. Cette adaptation est d’autant plus urgente dans le contexte africain, que l’asymétrie d’information qui caractérise des milieux d’affaires et les sphères de décision, d’une part, et le niveau élevé d’informalité dans les affaires, d’autre part, constituent des entraves importantes à la capacité des acteurs à innover, à conquérir des parts de marché et à contribuer pleinement au bien-être des populations et à la prospérité de leurs nations.</p><p><strong>L’intelligence économique, l’accès aux marchés et la ZLECAf</strong></p><p>L’accord sur la ZLECAf est un instrument juridique complexe. Au-delà de l’Accord cadre instituant la ZLECAf, il dispose de huit Protocoles approuvés et 41 annexes et règlements. Chacune des annexes règlemente au moins un instrument de politique commerciale ou de politique économique dans la perspective de promouvoir le commerce intra-africain, contribuer à l’industrialisation et la diversification économique. La structure détaillée de l’accord sur la ZLECAf comprend :</p><ul><li>Le Protocole sur le commerce des marchandises : il contient neuf annexes portant sur la liste de concessions tarifaires, les règles d’origine, la coopération douanière, la facilitation des échanges, l’élimination des barrières non tarifaires (BNT), les Obstacles Techniques au Commerce (OTC), les Mesures Sanitaires et Phyto sanitaires (SPS), les mesures correctives commerciales et le transit.</li><li>Le Protocole sur le commerce des services : il est constitué de six annexes sur les listes d’engagements spécifiques, les exonérations au traitement de la Nation la Plus Favorisée (NPF), les services de transport aérien en liaison avec le Marché Unique du Transport Aérien (MUTA), le programme de travail transitoire, la liste des secteurs prioritaires, le document cadre de coopération règlementaire.</li><li>Le Protocole sur les règles et procédures de règlement des différends : comprenant trois annexes sur l’organisation des délibérations, l’examen par les experts et le Code de conduite des arbitres et des membres du Groupe Spécial.</li><li>Le Protocole sur l’investissement qui comprend deux annexes sur l’Agence panafricaine du commerce et de l’investissement et sur le Règlement des différends.</li><li>Le Protocole sur les droits de propriété intellectuelle contenant neuf annexes sur la protection des obtentions végétales, les indications géographiques, les marques, le droit d’auteur et les droits voisins, les brevets, les modèles d’utilité, les dessins et modèles industriels, les savoirs traditionnels, les expressions culturelles traditionnelles et les ressources génétiques, l’Office de la propriété intellectuelle de la ZLECAf.</li><li>Le Protocole sur la politique de concurrence incluant quatre annexes notamment le Règlement sur les seuils en matière de fusions et acquisitions et de position dominante, le Règlement sur les pouvoirs et les procédures de l’Autorité, le Règlement sur la composition et les modalités de fonctionnement du Tribunal et le Règlement révisé relatif à la création du réseau de la concurrence de la ZLECAf.</li><li>Le Protocole sur les femmes et les jeunes qui ne dispose pas encore d’une annexe au stade actuel.</li><li>Le Protocole sur le commerce digital qui dispose huit annexes sur les identités numériques, les critères de détermination des raisons légitimes et légales d’intérêt public justifiant la divulgation du code source, la sécurité et la sûreté en ligne, les technologies émergentes et avancées, les transferts transfrontaliers de données, les paiements numériques transfrontaliers, les technologies financières et les Règles d’origine.</li></ul><p>Pour la mise en œuvre d’un instrument aussi complexe au bénéfice des entreprises et des populations, l’intelligence économique doit jouer un rôle crucial en permettant aux entreprises et aux décideurs de mieux comprendre l’environnement concurrentiel dans tous domaines sus cités et d’anticiper les évolutions économiques. Ce rôle devrait concerner l’accès aux données stratégiques (les dotations factorielles, les opportunités d’investissement, les règlementations et les procédures, les tendances des marchés, les préférences et les comportements des consommateurs, etc.), la réduction des asymétries d’information, l’identification des opportunités, la protection contre les risques, l’influence et le positionnement stratégique (l’identification des acteurs clés, et l’orientation de leurs décisions).</p><p><strong>Dr Jacob Kotcho</strong></p><p> </p><hr /><p> </p><p><a href="https://acci-cavie.org/intelligence-economique-et-acces-aux-marches-dans-la-zlecaf-par-dr-jacob-kotcho/#_ftnref1" name="_ftn1" target="_blank" rel="noopener">[1]</a> <a href="https://www.wto.org/french/tratop_f/markacc_f/markacc_f.htm#:~:text=Le%20concept%20d&#039;acc%C3%A8s%20aux,produits%20sp%C3%A9cifiques%20sur%20leurs%20march%C3%A9s" target="_blank" rel="noopener">https://www.wto.org/french/tratop_f/markacc_f/markacc_f.htm#:~:text=Le%20concept%20d’acc%C3%A8s%20aux,produits%20sp%C3%A9cifiques%20sur%20leurs%20march%C3%A9s</a>.</p><p><a href="https://acci-cavie.org/intelligence-economique-et-acces-aux-marches-dans-la-zlecaf-par-dr-jacob-kotcho/#_ftnref2" name="_ftn2" target="_blank" rel="noopener">[2]</a> Voir I-TIP Goods: Integrated analysis and retrieval of notified non-tariff measures, <a href="https://i-tip.wto.org/goods/Default.aspx" target="_blank" rel="noopener">https://i-tip.wto.org/goods/Default.aspx</a> </p></div>								</div>
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		<title>Vers une intelligence économique territoriale africaine : cas du Togo – Par Dr Zack Bawa</title>
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		<pubDate>Thu, 29 May 2025 21:55:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En Afrique, l’intelligence économique prend une place de plus en plus centrale dans les politiques publiques. Alors que les territoires sont confrontés à des défis de compétitivité, d’attractivité et de résilience face aux mutations géopolitiques, économiques et technologiques, l’accès à l’information stratégique devient un atout majeur. Plusieurs pays africains ont engagé des démarches dans ce [&#8230;]</p>
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									<div dir="auto"><p><strong>En Afrique, l’intelligence économique prend une place de plus en plus centrale dans les politiques publiques. Alors que les territoires sont confrontés à des défis de compétitivité, d’attractivité et de résilience face aux mutations géopolitiques, économiques et technologiques, l’accès à l’information stratégique devient un atout majeur. Plusieurs pays africains ont engagé des démarches dans ce sens, mais ces initiatives restent souvent concentrées à l’échelle des capitales, sans réel ancrage territorial. Pourtant, c’est bien à l’échelle locale que se jouent de nombreuses dynamiques économiques, sociales et sécuritaires.</strong></p><p>Au Togo, cette approche territoriale de l’intelligence économique s’inscrit parfaitement dans les ambitions de la feuille de route gouvernementale 2020–2025, qui vise à moderniser l’économie, renforcer l’inclusion sociale et positionner le pays comme un hub logistique et de services de référence dans la sous-région. Dans ce cadre, le développement d’une intelligence économique territoriale constitue un levier transversal qui peut soutenir plusieurs projets prioritaires de la feuille de route, notamment ceux liés à la transformation agricole, aux zones industrielles, à la digitalisation de l’administration et à l’attractivité des investissements.</p><p><strong>La décentralisation, un socle à consolider pour l’intelligence économique des territoires</strong></p><p>Au Togo, la dynamique de décentralisation qui sort de sa phase de test avec les élections régionales d’avril 2024 et les municipales à venir de juin 2025, offre une opportunité concrète pour renforcer l’autonomie des collectivités territoriales et leur capacité à piloter leur propre développement. Depuis les élections de 2019, les communes sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans la planification économique locale. En dotant les collectivités de compétences en matière de collecte de données, d’analyse stratégique, de veille concurrentielle et de protection de l’information, on peut permettre à chaque commune de mieux comprendre ses atouts, de détecter les opportunités, d’anticiper les risques et de dialoguer à égalité avec les investisseurs. Cela suppose un investissement dans la formation des élus et des équipes techniques, ainsi qu’un accompagnement méthodologique adapté aux réalités locales.</p><p><strong>La valorisation des territoires, une condition pour leur rayonnement</strong></p><p>L’un des piliers de l’intelligence économique territoriale consiste à promouvoir activement les ressources spécifiques de chaque territoire. Qu’il s’agisse des potentialités agricoles dans les savanes, des infrastructures portuaires dans la Maritime et à Lomé, des filières artisanales dans la Kara et la Centrale ou encore du tourisme écologique dans les Plateaux, chaque région togolaise a des cartes à jouer pour construire son attractivité.</p><p>Dans cette optique, les collectivités doivent apprendre à structurer une offre territoriale claire, lisible et crédible, appuyée sur des données fiables et une communication efficace. Les salons économiques, les partenariats de coopération décentralisée, les plateformes numériques locales ou encore les campagnes de marketing territorial peuvent jouer un rôle structurant dans cette dynamique.</p><p><strong>Le CAVIE comme catalyseur continental</strong></p><p>Dans ce chantier, le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique (CAVIE) peut jouer un rôle fondamental. En tant que structure panafricaine de référence, le CAVIE dispose d’une expertise précieuse pour accompagner les États et les collectivités dans la mise en place de dispositifs d’intelligence économique adaptés à leurs enjeux.</p><p>Son appui pourrait notamment concerner l’installation de cellules de veille territoriale, la formation des cadres municipaux, la sécurisation de l’information stratégique ou encore la mise en réseau des territoires togolais avec d’autres collectivités africaines avancées dans ce domaine. La collaboration entre les institutions togolaises et le CAVIE offrirait ainsi une base solide pour structurer une approche nationale cohérente, tout en bénéficiant des bonnes pratiques à l’échelle continentale.</p><p><strong>Les investissements et la transformation économique locale, un lien à renforcer</strong></p><p>Un autre pan essentiel de l’intelligence économique territoriale concerne l’investissement. Pour attirer des capitaux sur leur sol, les collectivités doivent pouvoir anticiper les besoins des investisseurs, offrir un accompagnement fluide et fiable, et démontrer la pertinence de leurs projets. L’intelligence économique permet justement de collecter, structurer et valoriser cette information stratégique.</p><p>Les outils comme les guichets d’accueil des investisseurs locaux, les diagnostics territoriaux, les bases de données économiques locales ou encore les partenariats public-privé peuvent ainsi être renforcés. Cela entre en parfaite résonance avec la feuille de route gouvernementale qui vise, entre autres, à stimuler l’emploi, notamment des jeunes, à travers des investissements ciblés dans des filières à fort potentiel.</p><p><strong>L’alignement stratégique avec la feuille de route 2020–2025</strong></p><p>La démarche d’intelligence économique territoriale n’est pas une logique en marge de la planification nationale ; elle en est le prolongement opérationnel au niveau local. En ce sens, elle s’inscrit directement dans la vision du gouvernement qui veut faire du Togo un pays stable, moderne et attractif, où les territoires deviennent moteurs de la croissance et de l’inclusion. Les projets structurants de la feuille de route, qu’il s’agisse de la mise en place des agropoles, des zones industrielles, du corridor logistique Lomé-Cinkassé, ou du développement de l’économie numérique, gagneraient en efficacité s’ils étaient adossés à une capacité territoriale à collecter de l’information, à orienter les priorités locales et à proposer une offre économique bien construite. L’intelligence économique territoriale devient alors un véritable catalyseur de réussite pour ces projets.</p><p><strong>Conclusion</strong></p><p>Le Togo dispose aujourd’hui des fondations pour bâtir une intelligence économique territoriale authentiquement africaine, ambitieuse, pertinente et alignée avec ses objectifs nationaux. En mobilisant les acquis de la décentralisation, en misant sur la formation des acteurs locaux, en valorisant les atouts spécifiques des régions et en s’appuyant sur des partenaires techniques comme le CAVIE, le pays peut faire émerger un modèle inspirant pour l’Afrique.</p><p>Cette approche contribuerait à renforcer la souveraineté économique du Togo, à créer des opportunités concrètes pour les populations, et à mieux insérer les territoires dans les grandes dynamiques de transformation régionale et mondiale.</p><p><strong>Dr Zack Bawa  </strong></p></div>								</div>
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